mercredi 6 juin 2012

The Libertines - The Libertines (2004)


Si je vous dis Pete Doherty, vous allez me dire "ah oui, l'autre camé qui est sorti avec Kate Moss !" Certes, mais c'est avant tout un grand musicien, qui, associé avec son meilleur ennemi Carl Barât, avait fondé ce qui fut peut-être le plus talentueux des groupes anglais des années 2000. Après un premier album sorti en 2002 en plein revival du rock garage, The Libertines arrive fin août 2004 dans les bacs en catimini, toujours produit par l'ex Clash Mick Jones. En voyant la photo de couverture, on comprend vite que cet album sera intime...

Can't stand me now entre immédiatement dans le vif du sujet, sous la forme d'un dialogue amour-haine entre les deux larrons, avec un surprenant solo d'harmonica en conclusion. Martelée par les fûts de Gary Powell, Last post on the bugle se réfère au clairon joué en hommage aux soldats morts dans l'infanterie britannique, mais aussi à la dernière dose de coke, en jargon junky. Un double sens qui se rapporte bien sûr aux problèmes de Doherty avec la drogue. 

Un peu plus loin se trouve certainement la plus belle chanson jamais écrite par le duo. Music when the lights go out affiche une mélancolie et une richesse dans les paroles (écrites en rimes) jusque là jamais entendues. Barât et Doherty chantent en chœur presque constamment, avant de finir par l'habituel dialogue de guitares.
The Ha ha wall, et son étrange intermède au milieu, fait une nouvelle allusion aux problèmes de drogue de Pete. Rassurez-vous, la courte et punk Arbeit macht frei n'est pas une apologie des camps de la mort ! Il s'agit plutôt d'une critique de ceux qui, fiers d'avoir combattu les nazis par le passé, sont aujourd'hui devenus racistes ou homophobes.
Toujours dans la critique, cette fois envers les habitudes de la jeunesse, Campaign of hate accélère progressivement vers un rythme effréné.
What Katie did et son rythme limite bal musette, ses "shoop shoop", détend quelque peu l'atmosphère. Il ne s'agit aucunement d'une allusion à Kate Moss, mais à un livre du XIXe siècle.


Magnifique symétrique de la chanson d'ouverture, What became of the likely lads est un nouveau dialogue entre Pete et Carl, qui font une sorte de bilan sur l'état de leur amitié. La mélodie enjouée ne saurait cacher un constat parfois amer (que l'avenir confirmera) : We're as thick as thieves, you know/If that's important to you /It's important to me/I tried to make you see/But you don't want to know. Une bonne vieille chanson cachée, France, conclut définitivement cet album, qui reste le dernier en date des Libertines. Les deux likely lads ont ensuite créé leurs propres groupes, et tenté une carrière solo, sans vraiment convaincre. L'espoir d'une reformation n'est cependant pas totalement mort, les Libertines s'étaient en effet reformés pour quelques concerts lors de l'été 2010.

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